Myriam Bregman @myriambregman
Retweet🔴 L’appel du gouvernement à une conférence sociale lundi est une mascarade totale. Le fait que les syndicats se jettent immédiatement dessus pour éviter d’appeler à une nouvelle journée de grève est très grave. Les syndicats veulent profiter d’un mois de lutte et de répression contre les lycéens pour essayer de ramasser quelques miettes. Ce 5 novembre était important, mais nous sommes encore loin d’une grève générale. Nous connaissons le macronisme : pendant le mouvement contre la réforme des retraites, il y a même eu jusqu’à 3,5 millions de personnes dans la rue. Pourtant, Macron n’a pas reculé. Considérer qu’une journée de grève importante, mais inégale, suffit et permettrait d’obtenir quoi que ce soit par la négociation montre bien que le rôle des syndicats n’est pas d’arracher des avancées grâce au rapport de force, mais de sortir au plus vite de la lutte, après un jour de grève et d’offrir une porte de sortie au gouvernement pour finalement isoler et écraser la jeunesse. Qu’est-ce qui va sortir de cette conférence, sinon les miettes des miettes ? Même pas 9 € brut d’augmentation du SMIC ? c’est tout simplement scandaleux. Cette fuite d’information devrait, à elle seule, déclencher un appel immédiat à une nouvelle date de grève, voire à une grève illimitée partout dans le pays. Il y a la possibilité d’arracher énormément de choses, à l’image de Mai 68. Mais cela nécessite de construire un véritable rapport de force et de s’appuyer sur cette journée, qui redonne confiance aux travailleurs et à la jeunesse, pour durcir maintenant la mobilisation, et non pour faire une pause le temps d’assister à la mascarade de Lecornu. L’objectif du gouvernement est de s’appuyer sur cette initiative pour sortir le plus rapidement possible le mouvement ouvrier de la lutte aux côtés de la jeunesse. Car il sait que la combinaison des blocus lycéens et du blocage de l’économie signerait l’arrêt de mort de son gouvernement et l’obligerait à lâcher énormément de choses. Il faut absolument renforcer les cadres d’auto-organisation, diriger par en bas la lutte et ne pas tomber dans le panneau des manœuvres des directions syndicales. Le mouvement est né en dehors des directions syndicales. C’est sa radicalité et sa détermination qui ont obligé le gouvernement à baisser un peu les prix des carburants et à concéder quelques miettes pour l’Éducation nationale. C’est aussi ce qui explique pourquoi le gouvernement, qui prévoit malgré tout un budget d’austérité, cherche aujourd’hui à discuter avec les syndicats, alors même qu’il avait prévu de geler la hausse du SMIC. Depuis la fin du mois de septembre, nous vivons une phase impressionnante de radicalité et de mobilisation. C’est toute une nouvelle génération qui se politise et qui affronte le pouvoir : une génération parmi les plus réprimées de l’histoire de France, qui mérite tout sauf de servir de monnaie d’échange à des bureaucrates syndicaux en crise depuis dix ans et qui n’ont pas réussi à soutirer un seul centime à Macron. L’ensemble des personnes mobilisées doivent dénoncer cette conférence et exiger immédiatement qu’une nouvelle date de grève ainsi qu’un véritable plan de bataille pour amplifier la mobilisation soient mis sur la table. Une augmentation du SMIC de quelques euros ne changera rien. Il faut lutter pour : - Un SMIC à 2 000 € net - L’indexation des salaires sur l’inflation - La baisse du temps de travail ; - Le retour à la retraite à 60 ans ; - Un plan d’urgence de plusieurs milliards d’euros d’investissement pour l’école - La fin de la sélection à l’université et de Parcoursup dès 2027 -La fin des journées de travail de 8 h à 18 h - L’embauche massive de professeurs, d’AESH, d’ATSEM, d’AED, de psychologues, de médecins, etc. Qu’est-ce qu’on en a à faire de vos histoires de 9 € brut ? Des jeunes ont perdu des yeux et des mains, et vous nous parlez d’aller négocier des miettes ? C’est scandaleux.
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